Les chauves-souris sont de redoutables prédateurs d’insectes nuisibles. Chaque nuit, elles consomment des milliers de proies, jouant un rôle clé dans la lutte biologique. Pourtant, la raréfaction des vieux arbres et des abris naturels met en péril leurs populations.
Pour accueillir des chauves-souris au jardin, commencez par leur offrir un milieu favorable : des insectes en abondance, des zones sombres, des haies et des arbres pour circuler, un point d’eau accessible et des refuges tranquilles.
Un gîte artificiel peut compléter les cavités naturelles lorsque celles-ci manquent, sans garantir une occupation immédiate. Découvrez les gestes essentiels pour rendre votre jardin plus accueillant, installer un abri dans de bonnes conditions ou fabriquer votre propre gîte.
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Sept gestes pour accueillir les chauves-souris au jardin
La présence d’un abri ne suffit pas : les chauves-souris recherchent un ensemble cohérent de ressources, de couloirs de déplacement et de zones calmes. Plusieurs aménagements simples peuvent rendre le jardin plus favorable.
| Levier | Action concrète | Utilité |
|---|---|---|
Obscurité |
Éteindre les éclairages inutiles et ne jamais éclairer l’entrée d’un gîte. |
Préserver les déplacements, la chasse et les zones de repos. |
Nourriture |
Éviter les pesticides et conserver des zones riches en insectes. |
Maintenir les proies indispensables aux espèces insectivores. |
Végétation |
Préserver haies, arbres, lisières et quelques zones d’herbes hautes. |
Créer des corridors de vol et des terrains de chasse. |
Eau |
Maintenir une mare ou un point d’eau sûr, sans parois piégeuses. |
Favoriser l’abreuvement et la présence d’insectes. |
Gîtes naturels |
Conserver les arbres à cavités et fissures compatibles avec la sécurité. |
Offrir une diversité de refuges et de microclimats. |
Gîte artificiel |
Ajouter un abri stable lorsque les cavités naturelles manquent. |
Compléter l’habitat sans le remplacer. |
Tranquillité |
Ne pas ouvrir, toucher ou déplacer un gîte occupé. |
Limiter le dérangement pendant le repos ou la reproduction. |
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Pourquoi les chauves-souris sont elles utiles au jardin ?
Les chauves-souris appartiennent à l'ordre des Chiroptères. Ce sont des petits mammifères, les seuls capables de vol actif. Il en existe plus de 1200 espèces dont 36 répertoriées en France métropolitaine. Ce sont des animaux nocturnes qui quittent leurs gîtes dès la tombée de la nuit, pour partir à la recherche de proies. Elles les localisent grâce à une sorte de "sonar" que l'on appelle écholocalisation. En France, toutes les espèces de chauves-souris sont insectivores et extrêmement voraces. Elles peuvent consommer en une nuit jusqu'à la moitié de leur poids en insectes, ce qui complète à merveille l'action des auxiliaires diurnes !

Elles jouent donc un rôle très important dans l'équilibre de nos écosystèmes ! Or les chauves-souris sont les mammifères les plus menacés d'Europe, ceci en partie dû à la disparition de leurs habitats naturels, et de leurs sites de reproduction et d'hibernation (abattage des vieux arbres, éclairage nocturne et rénovation des vieux bâtiments ...). Pour pallier à ce problème, n'hésitez pas à laisser de vieux arbres présentant des fissures et des cavités dans votre terrain.
Quand cela n'est pas possible, vous pouvez mettre à disposition des nichoirs à chauves-souris à accrocher sur de grands arbres ou bien sur les façades de bâtiments. En agissant ainsi vous participez à la préservation de ces espèces tout en luttant biologiquement contre la prolifération de ravageurs au jardin.
Attention toutefois au fait que l'installation d'un gîte à chauves-souris ne garantit ni l'occupation de ce dernier, ni l'éradication des ravageurs dont vous êtes victime. Il s'intègre dans une démarche plus large de jardinage favorable à la biodiversité.
Quels insectes les chauves-souris peuvent-elles consommer ?
Les proies capturées dépendent de l’espèce de chauve-souris, de sa taille, de son mode de chasse et des insectes disponibles localement. Dans les jardins, les vergers et à proximité des boisements, leur régime peut comprendre des moustiques, des mouches, des coléoptères et de nombreux papillons nocturnes. Parmi ces derniers figurent des adultes d’espèces dont les chenilles s’attaquent aux cultures et aux arbres.
Il faut distinguer la proie réellement capturée du stade nuisible observé sur la plante : une chauve-souris peut chasser le papillon adulte d’une processionnaire, d’une pyrale, d’un carpocapse ou d’une tordeuse, mais elle ne prélève pas les chenilles installées dans les nids, les fruits ou le feuillage. Son action ne remplace donc pas les méthodes de lutte adaptées contre les chenilles mais peut les compléter en réduisant une partie des adultes reproducteurs de ces espèces, présents la nuit.
Les moustiques et autres petits insectes volants
Les moustiques peuvent faire partie du régime de certaines petites chauves-souris, aux côtés de nombreux autres diptères. Cette prédation contribue à l’équilibre du milieu, mais ne permet pas de promettre la disparition des moustiques : les gîtes larvaires, l’eau stagnante et les conditions locales restent déterminants.
Les papillons des chenilles processionnaires
Les processionnaires du pin et du chêne deviennent des papillons nocturnes après leur nymphose. Ces adultes ailés peuvent être capturés pendant leur période de vol. Les chauves-souris n’agissent toutefois pas sur les chenilles urticantes déjà regroupées dans les arbres : les mesures de prévention, de suivi et de traitement restent nécessaires.
Le papillon de la pyrale du buis
La pyrale du buis est un papillon principalement actif la nuit. Ses adultes peuvent entrer dans le spectre de proies des chauves-souris lorsque leurs périodes et zones d’activité se rencontrent. Cette prédation naturelle ne suffit pas à protéger un buis déjà infesté de chenilles.
Les carpocapses des arbres fruitiers
Les carpocapses sont de petits papillons dont les larves se développent dans les fruits. Les adultes volent au crépuscule ou la nuit et peuvent être chassés par certaines chauves-souris. Favoriser ces auxiliaires s’intègre donc à la protection du verger, en complément du suivi des vols et des solutions ciblant le cycle du ravageur.
La tordeuse orientale du pêcher
Le papillon de la tordeuse orientale est actif autour des vergers à partir du crépuscule. Il peut faire partie des insectes nocturnes capturés en vol. La protection des pêchers et autres fruitiers doit néanmoins reposer sur un suivi spécifique du ravageur et sur des interventions adaptées au bon moment.
Les noctuelles
Le terme noctuelle regroupe de nombreux papillons dont les chenilles peuvent endommager les feuilles, les tiges ou les fruits. Leurs adultes, souvent actifs la nuit, constituent des proies potentielles pour plusieurs espèces de chauves-souris. Là encore, cette contribution ne dispense pas d’identifier précisément la chenille présente au potager.
La mouche de l’olivier et d’autres diptères
Les chauves-souris consomment aussi différents diptères selon leur taille et leur abondance. Dans certains paysages oléicoles, la mouche de l’olivier peut faire partie des insectes disponibles, mais son importance réelle dans le régime varie fortement. La prédation naturelle doit être présentée comme un service complémentaire, et non comme un traitement contre le ver de l’olive.
Quel environnement leur offrir ?
Préserver des zones sombres
La lumière artificielle peut fragmenter les déplacements et perturber la sortie du gîte. Éteignez les éclairages extérieurs lorsqu’ils ne sont pas indispensables, choisissez une durée d’allumage courte et orientez les lampes vers le sol, loin des haies, de l’eau et des entrées de refuges.
Maintenir des insectes et des corridors
Une haie diversifiée, des arbres, une prairie peu fauchée par endroits et des floraisons étalées favorisent les insectes et structurent les trajectoires de chasse. Évitez les pesticides à large spectre et reliez autant que possible les zones végétalisées plutôt que de les isoler.
Conserver l’eau et les refuges naturels
Une mare ou un point d’eau accessible peut devenir une zone de chasse et d’abreuvement. Les cavités d’arbres, fissures de murs, espaces sous toiture et autres anfractuosités peuvent également servir de refuges. Avant des travaux ou la fermeture d’un accès occupé, demandez conseil à un spécialiste.
Ce qu'il faut savoir sur les nichoirs à chauves-souris
Les chauves-souris utilisent des refuges différents au cours de l’année : cavités d’arbres, fissures de bâtiments, combles, ponts ou sites souterrains. Cette diversité permet de trouver des conditions de température et d’humidité adaptées au repos, à la reproduction, au transit ou à l’hibernation.
Gîte naturel ou gîte artificiel : quelles différences ?
Un gîte artificiel ajoute une cavité lorsque les refuges naturels sont rares. Celui que nous proposons à la vente a une fonction de gîte estival qui ne servira que pendant la belle saison. Elles trouvent refuge dans ce type de nichoirs pour passer la journée, et éventuellement mettre bas. A l'approche de l'hiver, les chauves souris quittent le nichoir pour rejoindre leurs sites d'hibernations. Ce sont des lieux sombres et humides avec une température constante (les grottes et les caves sont particulièrement prisées).
Certains modèles de gîtes sont étroits et conviennent surtout aux espèces fissuricoles, comme plusieurs pipistrelles, qui ont pour habitude de nicher derrière des écorces décollées, derrière des volets ou dans les fissures de vieux bâtiments.
D’autres modèles reproduisent davantage des cavités comme on pourrait les trouver dans les vieux arbres (nids de pics par exemple). Ils conviendront aux espèces de chauves-souris dites arboricoles.
Aucun modèle ne convient à toutes les espèces ni à toutes les saisons. La conservation des habitats existants reste donc prioritaire.
Comment construire son propre gîte à chauves-souris ?
Un gîte simple peut être fabriqué pour de petites espèces fissuricoles en suivant un plan naturaliste éprouvé, comme le modèle de façade proposé par la LPO. Les dimensions exactes doivent provenir du plan choisi ; l’objectif est d’obtenir une chambre étroite, sombre, sèche, sans courant d’air et accessible par le bas.
Matériel nécessaire
Prévoyez du bois brut non traité adapté à l’extérieur, d’environ 15 à 20 mm d’épaisseur selon le plan, des vis ou des clous, un tasseau et un système de fixation compatible avec le support. L’intérieur doit rester rugueux ou être rainuré horizontalement afin que les animaux puissent s’agripper.
Étapes de fabrication
- Reporter les dimensions du plan choisi puis découper soigneusement les panneaux.
- Rendre la face intérieure rugueuse ou réaliser des rainures horizontales peu profondes.
- Assembler les panneaux pour former une chambre étroite, sans jour ni courant d’air.
- Conserver une fente d’entrée inférieure adaptée au modèle, généralement de 15 à 20 mm pour un abri destiné aux pipistrelles.
- Éliminer les échardes dangereuses tout en conservant des surfaces d’accroche.
- Fixer solidement l’abri en hauteur, avec une entrée dégagée et sans éclairage direct.

À éviter : N’utilisez pas de bois traité, de peinture intérieure, de produit odorant, de maille coupante ou de surface intérieure parfaitement lisse. De plus, un trou frontal, comme sur un nichoir à oiseaux, ne correspond pas à ce type de gîte.
Fabriquer ou acheter un gîte : comment choisir ?
| Votre situation | Fabrication maison | Gîte prêt à poser |
|---|---|---|
Vous disposez d’outils et de bois adapté |
Projet pédagogique et personnalisable. |
Option possible si vous préférez gagner du temps. |
Vous souhaitez suivre un plan précis |
Permet d’adapter la réalisation au support prévu. |
Caractéristiques déjà définies et documentées. |
Vous manquez de temps ou d’équipement |
Risque de reporter ou de mal terminer le projet. |
Solution immédiate, sans étape de construction. |
Vous recherchez une origine et des matériaux vérifiables |
Ils dépendent de vos approvisionnements et de votre réalisation. |
Informations détaillées sur la fiche du modèle. |
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Vous préférez une solution prête à installer ? Consultez la fiche de notre nichoir en bois massif des Vosges pour connaître ses dimensions, ses matériaux, sa fabrication et ses consignes de pose propres.
Où et comment installer un gîte à chauves-souris ?
| Critère | Conseil général |
|---|---|
Hauteur |
Installer généralement à au moins 3 m, sur un support stable et hors de portée des chats. |
Dégagement |
Laisser une zone libre sous l’entrée et devant le couloir d’envol. |
Orientation |
Choisir une exposition abritée et favorable à la chaleur, tout en évitant la surchauffe dans les régions chaudes. |
Éclairage |
Ne diriger aucune source lumineuse vers l’entrée ou la trajectoire de vol. |
Support |
Utiliser une fixation solide ; sur un arbre, éviter tout dispositif susceptible de le blesser. |
Multiplication |
Si possible, proposer plusieurs expositions afin d’offrir différents microclimats. |
Les recommandations précises varient selon le modèle, le climat et le support. Suivez toujours la notice du fabricant ou le plan de construction retenu. Une colonisation peut demander plusieurs saisons : ne déplacez pas continuellement un gîte simplement parce qu’il paraît inoccupé.
Comment observer et entretenir un gîte sans déranger ?
Observez à distance au crépuscule, sans éclairer l’entrée. Des crottes friables sous le gîte peuvent indiquer une fréquentation, mais leur absence ne permet pas de conclure à l'inoccupation du gîte. Ne frappez pas sur l’abri, ne l’ouvrez pas et n’introduisez aucun objet pour vérifier son occupation.
L’entretien dépend du modèle. Un gîte conçu pour évacuer naturellement les déjections demande généralement peu d’intervention. Toute vérification doit avoir lieu hors période sensible et uniquement si la notice le prévoit. En cas de doute sur une colonie ou avant des travaux, contactez le réseau SOS Chauves-souris.
Protection et cohabitation
Toutes les espèces de chauves-souris présentes en France sont protégées, ainsi que leurs sites de reproduction et leurs aires de repos. Il est interdit de les détruire, de les capturer ou de les perturber intentionnellement. Ne fermez donc jamais un accès occupé sans accompagnement spécialisé.
Si une chauve-souris est au sol ou blessée, ne la manipulez pas à mains nues. Éloignez les animaux domestiques et contactez un centre de soins ou le correspondant régional du réseau SOS Chauves-souris. Une colonie installée dans un bâtiment doit être prise en compte avant des travaux de toiture, d’isolation ou de traitement de charpente.
Non. Il complète un habitat favorable, mais la présence d’insectes, l’obscurité, les corridors végétalisés, l’eau et la tranquillité sont tout aussi importantes. L’occupation n’est jamais garantie. Une exposition chaude et abritée est souvent recherchée, mais le risque de surchauffe dépend du climat, de la couleur, du matériau et du support. Plusieurs orientations offrent davantage de choix aux animaux. Une hauteur d’au moins 3 m est généralement conseillée, avec une entrée dégagée et inaccessible aux chats. La notice du modèle ou le plan retenu reste prioritaire. Il peut être posé toute l’année si l’installation ne dérange pas une colonie existante. Une pose avant le printemps laisse le temps au refuge d’être repéré, mais son occupation peut demander plusieurs saisons. Non. Les chauves-souris chassent leurs proies en vol. N’ajoutez ni nourriture, ni litière, ni produit attractif dans l’abri. Elles peuvent consommer des moustiques et de nombreux autres insectes, selon les espèces et les ressources disponibles. Leur présence ne garantit pas un jardin sans moustiques. Non. Une ouverture peut provoquer un dérangement important. Privilégiez l’observation extérieure au crépuscule et demandez conseil à un spécialiste en cas de doute. Les chauves-souris ne construisent pas de nid. Le terme gîte est donc plus juste biologiquement. Le mot nichoir reste couramment utilisé pour désigner les abris artificiels vendus dans le commerce.Questions fréquentes sur les chauves-souris
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