Le thrips du ficus, Gynaikothrips ficorum, est un grand thrips noir qui attaque principalement le ficus ginseng. Il se nourrit sur les jeunes feuilles et provoque leur pliage le long de la nervure centrale. Les œufs, les larves, les pupes et les adultes se développent ensuite à l’intérieur de cette feuille déformée.
L’association de feuilles de ficus fortement enroulées, d’adultes noirs mesurant près de 3 mm et de larves jaunes ou blanchâtres permet généralement de reconnaître facilement ce ravageur.
Une espèce très proche, Gynaikothrips uzeli, provoque des dégâts comparables, principalement sur le Ficus benjamina (Figuier pleureur). Leur identification exacte nécessite une observation microscopique, mais la stratégie de lutte biologique reste identique.
La lutte repose d’abord sur la suppression des feuilles-galles les plus infestées. Les larves de chrysopes constituent ensuite un auxiliaire particulièrement intéressant : une étude en laboratoire a confirmé qu’elles consommaient activement les formes immatures de Gynaikothrips ficorum.
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Reconnaître le thrips du ficus
Gynaikothrips ficorum est un thrips tropical de la famille des Phlaeothripidae. Il est principalement associé au ficus microcarpa, une plante fréquemment commercialisée sous les noms de ficus ginseng, ficus retusa, ficus nitida ou laurier des Indes.
L’espèce est parfois désignée sous les noms de :
- thrips du ficus ;
- thrips noir du ficus ;
- thrips à galles du ficus ;
- thrips du laurier de Cuba ;
- « Cuban laurel thrips » en anglais.
Ce thrips se distingue des espèces habituellement rencontrées sur les plantes d’intérieur par sa grande taille et par les déformations très particulières qu’il provoque sur les jeunes feuilles.
Identification rapide du thrips du ficus
Le thrips du ficus se reconnaît principalement à ses adultes noirs relativement grands, à ses larves claires et aux jeunes feuilles de ficus pliées dans lesquelles vivent des colonies entières.
| Observation* | Caractéristique | Identification rapide |
|---|---|---|
|
Un grand thrips noir de 2,6 à 3,6 mm |
L’adulte est brun très foncé à noir et nettement plus grand que la majorité des thrips des plantes d’intérieur. Son abdomen se termine par un segment tubulaire caractéristique. |
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Des larves blanches à jaune clair aux yeux rouges |
Les jeunes larves sont translucides à blanchâtres. Les larves plus développées deviennent jaune clair, avec un abdomen allongé et une extrémité postérieure plus sombre. |
|
Une colonie cachée dans une feuille pliée |
Les œufs, les larves, les prépupes, les pupes et les adultes peuvent être réunis dans la même feuille déformée. |
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Des jeunes feuilles pliées le long de la nervure centrale |
La feuille se replie sur elle-même et forme une loge allongée. Ce symptôme est beaucoup plus caractéristique que les plages argentées produites par d’autres thrips. |
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*Les illustrations de ce tableau ont été générées par IA
Les différents stades du thrips du ficus et où les observer
La totalité du cycle se déroule sur la plante. Les différents stades restent principalement à l’intérieur des feuilles pliées qui leur fournissent nourriture, humidité et protection.
| Stade | Aspect et principales caractéristiques | Où l’observer ? |
|---|---|---|
Œuf |
Blanc translucide, lisse, cylindrique et arrondi aux extrémités |
Déposé à la surface de la feuille, généralement à l’intérieur de la partie pliée |
Larve de premier stade |
Très petite, translucide à blanche, sans ailes et munie d’yeux rouges |
Dans la feuille-galle, parmi les œufs et les autres larves |
Larve de deuxième stade |
Plus grande, blanc jaunâtre à jaune clair, avec un abdomen qui s’amincit vers l’arrière |
À l’intérieur de la feuille pliée, souvent en groupe |
Prépupe |
Claire, peu mobile, avec de courtes ébauches alaires |
Dans la feuille déformée |
Pupe |
Blanche à jaunâtre, avec des ébauches alaires plus longues et les antennes rabattues vers l’arrière |
Dans la feuille-galle, à proximité des larves et des adultes |
Jeune adulte |
D’abord plus clair, puis devenant progressivement brun foncé |
Dans la feuille où il s’est développé |
Adulte mature |
Brun très foncé à noir, long de 2,6 à 3,6 mm, avec des ailes étroites |
Dans les feuilles pliées, sur les jeunes pousses ou à proximité des colonies |
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Les adultes courent rapidement et peuvent s’envoler lorsqu’une feuille infestée est ouverte. Ils restent néanmoins la plupart du temps dans les feuilles déformées ou à proximité immédiate des jeunes pousses.
Pourquoi parle-t-on d’un thrips à galles ?
L’alimentation des adultes sur une jeune feuille encore tendre perturbe sa croissance. Une moitié du limbe se replie progressivement sur l’autre, généralement le long de la nervure centrale.
Cette feuille déformée est couramment appelée « galle », bien qu’elle ne forme pas une structure entièrement fermée. Elle reste en communication avec l’extérieur, ce qui permet aux adultes d’entrer, de sortir et de coloniser de nouvelles feuilles.
La feuille pliée constitue ensuite :
- un site d’alimentation ;
- un lieu de ponte ;
- une protection contre la lumière et le dessèchement ;
- un refuge contre certains prédateurs ;
- un milieu de développement pour les larves ;
- un site de transformation pour les prépupes et les pupes.
Origine et distribution de Gynaikothrips ficorum
Gynaikothrips ficorum est probablement originaire des régions tropicales d’Asie du Sud et du Sud-Est. Le genre Gynaikothrips est particulièrement diversifié dans cette partie du monde, notamment en Inde, en Thaïlande, à Taïwan et en Indonésie.
L’espèce s’est ensuite dispersée avec le commerce international des ficus ornementaux, principalement du ficus microcarpa. Elle est aujourd’hui présente dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales :
- en Asie ;
- en Afrique du Nord ;
- autour du bassin méditerranéen ;
- en Amérique centrale et en Amérique du Sud ;
- dans le sud des États-Unis ;
- en Australie et dans plusieurs îles du Pacifique.
Elle est notamment signalée en Algérie, en Égypte, en Espagne, en Sicile, en Inde, en Thaïlande, à Taïwan, en Indonésie, au Mexique, dans les Caraïbes ainsi qu’en Floride, en Californie, au Texas et à Hawaï.
Dans les pays au climat tempéré comme la France, le thrips du ficus se rencontre surtout dans les habitations, les vérandas, les serres chauffées, les jardineries et les collections de plantes tropicales. Des œufs et des larves peuvent voyager discrètement à l’intérieur des feuilles repliées d’un ficus infesté.
Une plante infestée peut transporter des œufs et des larves cachés dans ses feuilles repliées. Le ravageur peut ainsi passer inaperçu au moment de l’achat.
Cycle biologique du thrips noir du ficus

Les différentes étapes du cycle
Le cycle comporte six grandes étapes :
- l’œuf ;
- la larve de premier stade ;
- la larve de deuxième stade ;
- la prépupe ;
- la pupe ;
- l’adulte.
Les larves et les adultes prélèvent le contenu des cellules végétales. La prépupe et la pupe ne s’alimentent plus et correspondent aux stades de transformation précédant l’apparition de l’adulte.
Contrairement à certains thrips floricoles, les prépupes et les pupes ne gagnent pas le terreau. Elles restent dans la feuille-galle. Un traitement du substrat n’est donc pas prioritaire contre cette espèce.
Combien de temps dure le cycle du thrips du ficus ?
La durée du cycle dépend notamment de la température et de la qualité des jeunes feuilles disponibles. Les données publiées indiquent un développement complet en approximativement deux à quatre semaines dans des conditions favorables.
Des œufs, des larves, des pupes et des adultes peuvent coexister dans une même feuille. Une intervention unique ne suffit donc pas toujours à supprimer une infestation installée.
Dans une habitation chauffée ou une serre, les générations peuvent se succéder tant que le ficus produit de jeunes feuilles favorables à l’alimentation et à la formation des galles.
Où la femelle pond-elle ses œufs ?
La femelle dépose ses œufs à la surface de la feuille, dans la partie protégée par le pli.
Ce comportement distingue Gynaikothrips ficorum de nombreux autres thrips qui insèrent leurs œufs sous l’épiderme. Les œufs restent néanmoins difficiles à atteindre lorsqu’ils sont protégés au fond d’une feuille fortement refermée.
Pourquoi les jeunes feuilles sont-elles les plus attaquées ?
La déformation ne peut se mettre en place que sur des tissus encore jeunes et en croissance. Les adultes colonisent donc principalement :
- les extrémités des pousses ;
- les feuilles récemment déployées ;
- les feuilles encore vert clair et souples.
Les feuilles plus âgées peuvent accueillir temporairement des adultes, mais elles ne se replient plus aussi facilement.
Lorsqu’un ficus produit une nouvelle pousse, celle-ci peut être colonisée très rapidement si des adultes sont encore présents sur la plante.
Le thrips du ficus peut-il survivre dehors en France ?
Gynaikothrips ficorum est une espèce tropicale et subtropicale. Il peut vivre en extérieur pendant les périodes chaudes, notamment sur un ficus sorti sur une terrasse ou dans un jardin.
Il ne semble cependant pas adapté aux hivers froids de la majeure partie de la France métropolitaine. Les populations se maintiennent principalement :
- dans les logements chauffés ;
- dans les vérandas ;
- dans les serres ;
- sur les plantes rentrées avant l’hiver.
Un ficus placé dehors pendant l’été peut donc rester infesté et réintroduire le ravageur dans l’habitation lorsqu’il est rentré à l’automne.
Quel environnement favorise les infestations ?
Le thrips du ficus trouve des conditions particulièrement favorables dans les environnements :
- chauds ;
- abrités du vent et de la pluie ;
- maintenus à température régulière ;
- comportant de nombreuses jeunes pousses ;
- riches en ficus sensibles ;
- peu exposés aux prédateurs naturels.
Une taille ou une fertilisation provoquant l’apparition de nombreuses jeunes feuilles peut temporairement augmenter le nombre de sites favorables à la formation de nouvelles galles.
Quels ficus sont attaqués par Gynaikothrips ficorum ?
Le ficus microcarpa, principal hôte

Le principal hôte de Gynaikothrips ficorum est Ficus microcarpa.
Cette espèce est commercialisée sous différents noms :
- ficus microcarpa ;
- ficus ginseng ;
- ficus retusa ;
- ficus nitida ;
- laurier des Indes ;
- laurier de Cuba.
Les ficus microcarpa cultivés en bonsaï peuvent également être infestés.
Quels dégâts provoque le thrips du ficus ?
Les adultes commencent par se nourrir sur les jeunes feuilles. Leurs piqûres entraînent des réactions de croissance anormales qui provoquent progressivement le pliage du limbe.
Les principaux symptômes sont :
- de petites lésions rougeâtres ou brunâtres ;
- un épaississement local de la feuille ;
- un pliage le long de la nervure centrale ;
- des feuilles enroulées ou refermées sur elles-mêmes ;
- la présence de colonies à l’intérieur des feuilles ;
- un jaunissement progressif ;
- un brunissement des tissus ;
- un dessèchement des feuilles ;
- une chute prématurée du feuillage ;
- une déformation des nouvelles pousses ;
- une forte dégradation de l’aspect décoratif du ficus.
Comment la feuille - galle se forme-t-elle ?
La formation de la galle commence généralement sur une jeune feuille encore déployée. Les piqûres du thrips provoquent d’abord de petites zones lésées.
Les tissus végétaux réagissent ensuite par :
- une augmentation du volume de certaines cellules ;
- une multiplication locale des cellules ;
- un épaississement du limbe ;
- une perturbation des tissus autour des nervures ;
- une accumulation de composés phénoliques dans les zones endommagées.
La feuille se replie progressivement. Une moitié du limbe recouvre alors partiellement ou presque totalement l’autre moitié, formant une chambre allongée dans laquelle la colonie peut se développer.
Les jeunes feuilles réagissent plus fortement que les feuilles déjà matures.
Pourquoi les feuilles jaunissent-elles et tombent-elles ?
Une feuille fortement infestée subit simultanément :
- les prélèvements de nourriture des adultes ;
- l’alimentation des nombreuses larves ;
- la déformation provoquée par la formation de la galle ;
- une altération de ses tissus ;
- une réduction de son fonctionnement normal.
Elle peut alors devenir coriace, jaunir, brunir puis tomber prématurément.
Les feuilles déjà déformées ne retrouveront pas leur forme initiale après le traitement. L’efficacité doit être évaluée sur le développement des nouvelles feuilles et sur l’absence de nouvelles galles.
Les principales confusions avec le thrips du ficus
Deux espèces très proches peuvent être responsables des feuilles pliées caractéristiques observées sur les ficus : Gynaikothrips ficorum et Gynaikothrips uzeli. À l’œil nu, leur distinction est particulièrement difficile. Les adultes sont brun très foncé à noirs, relativement grands pour des thrips, avec un abdomen terminé par un tube. Leurs larves sont claires et les deux espèces vivent et se reproduisent à l’intérieur des feuilles qu’elles provoquent à se replier.
La couleur de l’insecte, sa taille ou l’aspect des dégâts ne suffisent donc pas à déterminer l’espèce. La plante infestée constitue néanmoins un indice intéressant :
| Plante infestée | Espèce la plus vraisemblable | Interprétation |
|---|---|---|
Le ficus ginseng : Ficus microcarpa |
Gynaikothrips ficorum |
Il s’agit de l’association la plus caractéristique |
Le figuier pleureur : Ficus benjamina |
Souvent Gynaikothrips uzeli |
G. ficorum peut néanmoins produire des galles sur cette espèce |
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Les études confirment que G. ficorum peut former des galles sur Ficus microcarpa comme sur Ficus benjamina, tandis que G. uzeli est surtout associé à Ficus benjamina. La plante hôte constitue toutefois un indice et non une preuve formelle, des adultes pouvant circuler entre les galles et plusieurs espèces de thrips pouvant cohabiter sur une même plante.
En pratique, cette distinction n’est pas indispensable pour protéger le ficus : les deux espèces vivent dans les feuilles pliées et nécessitent les mêmes mesures de lutte.
D’autres thrips noirs, comme Echinothrips americanus, Hercinothrips femoralis ou Heliothrips haemorrhoidalis, peuvent prêter à confusion. Ils provoquent cependant plutôt des plages grises ou argentées, des déjections noires et un dessèchement du limbe. Une grande feuille de ficus pliée longitudinalement et abritant une colonie d’adultes et de larves reste donc le signe le plus caractéristique d’une infestation par Gynaikothrips.
Comment lutter biologiquement contre le thrips du ficus ?
La difficulté principale vient de la protection offerte par les feuilles-galles. Les traitements appliqués uniquement sur l’extérieur du feuillage atteignent difficilement les œufs, les larves et les pupes enfermés dans les galles anciennes.
La stratégie doit associer :
- la suppression des feuilles les plus infestées ;
- le traitement des jeunes feuilles et des galles encore entrouvertes ;
- l’introduction de larves de chrysopes près des foyers ;
- la surveillance régulière des nouvelles pousses.
Quelle solution choisir contre le thrips noir du ficus ?
| Votre besoin | Solution conseillée | |
|---|---|---|
Retirer rapidement les colonies les plus importantes |
Suppression des feuilles-galles |
Couper les feuilles les plus déformées ou presque entièrement refermées, puis les placer dans un sac fermé. Cette mesure élimine simultanément de nombreux œufs, larves, pupes et adultes. |
Surveiller les déplacements des adultes |
Installer le piège près du feuillage pour détecter les adultes quittant les galles. Il s’agit uniquement d’un outil de surveillance, dont l’intérêt reste limité contre une espèce vivant principalement dans les feuilles pliées. |
|
Atteindre une partie des larves accessibles |
Pulvériser les jeunes feuilles, les nouvelles pousses et l’intérieur des galles encore entrouvertes. Les nématodes n’atteignent pas les individus enfermés dans les feuilles complètement refermées. |
|
Mettre en place le traitement biologique principal |
Répartir les chrysopes sur les jeunes pousses et au plus près des galles accessibles. Elles consomment les stades immatures du thrips présents sur le feuillage. |
|
Garantir l’efficacité du traitement sur les éclosions successives |
Second lâcher de chrysopes indispensable |
Réaliser systématiquement un second lâcher environ 15 jours après le premier. Il permet de cibler les nouvelles larves issues des œufs et les foyers qui n’étaient pas accessibles lors de la première introduction. |
Mettre en place un programme complet |
Pack anti-thrips noirs et exotiques |
Associer une pulvérisation de nématodes Steinernema feltiae à un lâcher de larves de chrysopes après le séchage complet du feuillage. Le pack réunit les deux principales solutions biologiques recommandées contre le thrips du ficus. |
Faire rapidement baisser une infestation extrême |
Utiliser ce traitement de contact lorsque les dégâts sont trop avancés pour commencer directement avec les auxiliaires. L’application doit être réalisée avant les lâchers de chrysopes, en respectant le délai indiqué avant leur introduction. |
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Étape 1 : isoler le ficus infesté
Éloignez le ficus des autres plantes, en particulier des autres ficus.
Examinez les végétaux placés à proximité et recherchez :
- les jeunes feuilles légèrement pliées ;
- les petites lésions rougeâtres ;
- les adultes noirs ;
- les larves jaunes ;
- les galles anciennes encore occupées.
Les adultes peuvent quitter une feuille lorsqu’ils sont dérangés et coloniser une autre plante.
Étape 2 : retirer les feuilles-galles les plus infestées
La suppression des feuilles déformées constitue la mesure la plus immédiate contre ce ravageur.
Une seule feuille peut abriter :
- des dizaines d’œufs ;
- plusieurs larves ;
- des prépupes ;
- des pupes ;
- plusieurs adultes.
Placez immédiatement les feuilles coupées dans un sac fermé. Ne les laissez pas au pied du ficus.
Évitez néanmoins de supprimer tout le feuillage en une seule fois lorsque le ficus est déjà affaibli. Conservez les feuilles saines et les parties encore capables de participer à la reprise de la plante.
Étape 3 : pulvériser les nématodes sur les zones accessibles
Les nématodes Steinernema feltiae peuvent être appliqués en pulvérisation foliaire afin de cibler les formes sensibles présentes sur les jeunes feuilles et dans les galles encore entrouvertes.
Aucun essai spécifique publié ne permet actuellement de quantifier leur efficacité contre Gynaikothrips ficorum. Leur emploi constitue donc un complément biologique fondé sur leur utilisation contre les stades sensibles d’autres thrips, et non une garantie d’élimination des colonies enfermées.
Étape 4 : introduire les larves de chrysopes
Les larves de chrysopes sont des prédatrices généralistes qui consomment différentes petites proies présentes sur le feuillage.
Leur intérêt contre Gynaikothrips ficorum est confirmé par une étude réalisée avec les trois stades larvaires de Chrysoperla carnea. Les chrysopes ont consommé les formes immatures du thrips à toutes les densités testées.
Dans cet essai, une larve de chrysope au troisième stade a consommé en moyenne :
- 9,6 proies sur les 10 proposées ;
- 19 proies sur les 20 proposées ;
- 32 proies sur les 40 proposées ;
- jusqu’à 36 formes immatures en 24 heures aux densités les plus élevées.
Les grandes larves de chrysopes se sont montrées les plus voraces.
Cette étude confirme le potentiel prédateur des chrysopes. Elle a toutefois été réalisée en laboratoire avec des proies retirées des feuilles-galles. Sur une plante entière, l’efficacité dépend de la capacité des larves à accéder aux colonies.
Les galles anciennes et complètement fermées doivent être retirées avant le lâcher, car elles protègent fortement les thrips.
Si des nématodes ont été pulvérisés, attendez que la plante soit complètement sèche avant d’introduire les chrysopes. Elles peuvent être déposées plusieurs heures plus tard ou le lendemain.
Etape 5 : Patienter 15 jours et lâcher de nouveau des chrysopes
Pour maximiser l'efficacité, un second apport peut être utile.
Ce second lâcher permet de cibler les oeufs, larves, pré-nymphes et nymphes qui auraient échappés aux premières larves de chrysopes. Cette seconde application est fortement recommandée.
Amblyseius cucumeris est un petit acarien prédateur principalement utilisé contre les jeunes larves de thrips vivant librement sur les feuilles ou dans les fleurs. Il n’existe pas d’essai démontrant un contrôle de Gynaikothrips ficorum avec cet auxiliaire. La taille importante des larves les protègent des attaques de petits prédateurs. Les larves de chrysopes, plus grandes et dont la prédation sur G. ficorum a été démontrée, constituent une solution plus cohérente. Examinez les jeunes feuilles qui se replient le long de leur nervure centrale. Ouvrez-en délicatement une au-dessus d’une feuille de papier blanc. La présence d’adultes noirs mesurant près de 3 mm, accompagnés de larves jaunes ou blanchâtres et parfois d’œufs blancs, est caractéristique d’une infestation par Gynaikothrips. Les adultes se nourrissent sur les jeunes feuilles encore en croissance. Leur activité provoque une réaction des tissus végétaux et le limbe se replie progressivement le long de sa nervure centrale. La feuille ainsi déformée sert ensuite de refuge et de lieu de reproduction à la colonie. Les larves de chrysopes peuvent rechercher leurs proies dans les zones abritées du feuillage, mais leur accès dépend du degré de fermeture de la galle. Elles pourront plus facilement atteindre une feuille récemment pliée et encore entrouverte qu’une galle ancienne, épaisse et complètement refermée. C’est pourquoi les galles les plus fermées doivent être retirées avant le lâcher. Oui. Les adultes peuvent courir rapidement et s’envoler lorsqu’ils sont dérangés. Ils peuvent ainsi atteindre d’autres ficus placés à proximité. Il est conseillé d’isoler la plante infestée et d’examiner régulièrement les nouvelles feuilles des autres ficus. Dans la majorité des cas, non. Un ficus peut être récupéré en retirant les feuilles les plus infestées, en éliminant les colonies accessibles et en surveillant attentivement les nouvelles pousses. Le remplacement de la plante peut seulement être envisagé lorsqu’elle est très affaiblie, presque entièrement défoliée ou qu’elle constitue un foyer persistant menaçant une collection importante de ficus. La majorité des attaques provoquent surtout des dégâts esthétiques, une chute partielle du feuillage et un ralentissement de la croissance. Une infestation très importante et prolongée peut toutefois affaiblir fortement : Les sujets vigoureux récupèrent généralement lorsque les colonies sont supprimées et que les nouvelles feuilles peuvent se développer normalement.FAQ : Questions fréquentes sur le thrips noir du ficus
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